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Gens de Ré au XVIIIe siècle, marins d'une terre, terriens de la mer

Thème(s) : Histoire / Sociologie / Ré

RВ-couverture

Auteur : Albert-Michel Luc

Format : 18,5x25,5, 384 pages, 16 pages de hors-texte, 40 cartes, croquis et tableaux

Parution : 2008

ISBN : 978-2-916104-24-9

ISSN : 1140-3799

35,00 €

L'île de Ré, c'est une terre au cœur de deux pertuis. L'île de Ré, ce sont des paroisses peuplées et spécialisées : Saint-Martin : le cœur administratif et militaire - La Flotte : le centre du négoce - Sainte-Marie : un village de vigneron - Ars : le bourg du sel - Loix : la paroisse de l'eau. L'île de Ré, c'est une mer : coléreuse et rebelle et l'Océan qui donne la vie aux cueilleurs de la côte, aux moissonneurs de sart, aux fourrageurs, ce sont des côtes providentielles qui lors des hivers tragiques apportent des fortunes sur la côte sauvage aux roches des Baleines et de Loix: de la coque et des ancres aux denrées et produits variés. L'île de Ré, c'est le mur de l'Atlantique du XVIIIe siècle. L'île de Ré c'est l'horizon, la course et les combats de l'Aquitaine à la mer du Nord, des « Isles » d'Amérique à l'Afrique et aux Indes. La terre de Ré s'inscrit dans l'histoire maritime tout en plongeant ses racines dans un continent très proche. Les Rétais se sont forgés leur identité et leur caractère au gré des éléments : une terre ingrate mais qui procure des produits d'exportation, le vin et le sel ; une mer qu'ils tentent de dompter, présente dans le quotidien. Tout un monde plus terrien que marin contraint néanmoins à vivre avec les embruns, les caprices et les flots de la mer Océane.
Qui êtes-vous gens de Ré ? Êtes-vous terriens de la mer ou marins d'une terre ?
Albert-Michel Luc propose d'aller à leur rencontre remontant aux années précédant la Révolution française qui immortalise et fige le territoire administrativement ; nous offrant une représentation de l'île celle de la diversité des rapports traditionnels entre l'homme, la terre et la mer, avant l'irruption du tourisme et la construction des ponts. Mais est-il possible de dégager quelques facteurs identitaires pour cette société rétaise, une culture commune ou semblable autour d'une manière d'habiter, d'une façon de vivre et de se nourrir ?
Cet ouvrage aborde les rapports multiples que les populations littorales nouent avec l'estran et la mer. L'étude de la pluriactivité, c'est-à-dire l'existence d'activités liées tout à la fois à la mer et à la terre, est longtemps restée marginale. Ce sont les spécialistes d'histoire et de sociologie rurales qui, au début des années 1980, ont mis en évidence la pertinence de cette réalité. La recherche sur les sociétés littorales a permis de faire émerger l'originalité de l'identité maritime. Mais, l'étude que propose Albert-Michel Luc des pratiques et usages des Rétais nous renvoie une réalité plus complexe. A Saint-Martin, gens d'une ville portuaire qui mêle Rétais de la ville et Rétais de l'eau, à la Flotte où les laboureurs côtoient les maîtres de barque et les pilotes, à Sainte-Marie où vignerons polyvalents fréquentent les rivages, à Ars et dans ses villages, aux Portes et à Loix peuplés de « laboureurs des sables... mariés avec la mer », c'est à dire sur toute l'île, l'osmose est quotidienne avec des nuances selon la configuration des lieux et les activités économiques.
Interrogeant les archives, Albert-Michel Luc redonne vie aux Rétais du XVIIIe siècle. Avec les inventaires après décès, les minutes de procès, les actes notariés, c'est toute une société qui revit dans ces pages. Connaître les Rétais, c'est comprendre comment ils vécurent, et vivent encore, entre terre et mer. Au sein d'une société, mélange de ruralité et de « maritimité », multiple dans ses pratiques professionnelles et pourtant formant une communauté avec une identité propre. Unité et diversité voilà ce qui caractérise la société rétaise : terrienne en son essence, maritime dans son existence.

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