La Bruyère Madeleine

Romancière (Jonzac 1853 - Versailles 1933)

D'un univers familial purement charentais, lié aussi bien au présidial de Saintes qu'à la création de Saint-Palais-sur-Mer, elle en fait le thème majeur de son œuvre romanesque. Celle-ci comprend dix-neuf titres principaux dont la publication s'étale de 1903 à 1929. Le monde qu'ainsi ils recréent est celui de la bourgeoisie saintongeaise du XIXe siècle dont Madeleine La Bruyère reste l'un des plus fins analystes. Sa « vie-œuvre » a été retracée par son arrière-petit-fils, François Julien-Labruyère, dans Maman Madeleine mémoire d'outre-Saintonge (Croît vif, Paris, 1993). Petite-fille d'un vice-président du tribunal de Saintes (Jean-Baptiste Rousset) et du plus important entrepreneur charentais de son temps (Antoine Philipon), elle allie la tradition des offices et le modernisme de l'entreprise ; elle collectionne aussi les cousinages saintongeais les plus valorisants avec Fréderic Mestreau, son oncle, Fernand Larquier, son neveu, Marcelle Tinayre, sa cousine... Mariée à un notaire de Jonzac qui se suicide en 1894 pour de mauvaises affaires, elle tire son inspiration créatrice de ce drame. S'installant à Barbezieux, elle se met à écrire sous les conseils de sa cousine, Marcelle Tinayre, déjà célèbre dans les milieux littéraires. Elle publie notamment Le Roman d'une épée qui met en scène Saintes durant la Révolution (SFIL, Paris, 1903, réédition au Croît vif en 1990), Lis et Scabieuse qui romance l'équipée de la duchesse de Berry en Saintonge (Hatier, Paris, 1903, réédition au Croît vif en 1997), Ma Première Traversée, livre pour enfants qui conte une descente de la Seugne en barque (Hetzel, Paris, 1906 ; réédition 2004 au Croît vif, avec longue postface sur l'attachement charentais de François Julien-Labruyère et illustrations couleur de Christiane Massonnet), Midi à quatorze heures qui raconte le retour d'un fils de famille dans son Angoumois natal où il reprend une affaire industrielle tombée en quenouille (Henri Gautier, Paris, 1908), Toujours tout droit, histoire d'un chemineau, livre pour enfants qui reconstitue l'histoire de son grand-oncle venu d'Auvergne un pic à la main et devenu l'une des plus grosses fortunes de la région, à la tête d'une importante société de travaux publics (voir Dantony) (SFIL, Paris, 1910), L'Inutile Route, son seul titre primé par l'Académie française, qui décrit le désastre intime d'un couple entre le marais rustre mais authentique et les attraits fastueux, donc trompeurs, de Bordeaux (Hachette, Paris, 1910), Ces Messieurs de Julhiac le Coq, écrit en collaboration avec son fils René, qui raconte l'invention du cognac sous la Fronde, entre les déchirements familiaux de deux frères, l'un noble impénitent, l'autre entrepreneur et sauveur de l'économie locale (Grasset, Paris, 1913, réédition au Croît vif, Paris, 1989)... L'œuvre entière est charentaise, pleine de notations sur la psychologie bourgeoise de l'époque, pleine aussi de détails régionaux savoureux qui, aujourd'hui, font référence historique. Ceci explique son succès : plusieurs de ses titres sont successivement parus en livres et en de nombreux feuilletons qui font de Madeleine La Bruyère l'un des écrivains populaires les plus lus de son temps. À Barbezieux, elle laisse également le souvenir d'un salon littéraire très couru qui se transforme en 1911 en Société archéologique, historique et littéraire de Barbezieux, société toujours existante qui lui doit son troisième adjectif, particulièrement rare parmi les sociétés savantes. Le premier numéro de la Revue barbezilienne (1911) lui est d'ailleurs consacré. On peut ainsi la considérer comme l'âme de la première « école de Barbezieux », Marcelle Tinayre en étant l'égérie, avant qu'une seconde génération, plus célèbre, ne prenne le relais. Son buste, par Jack Bouyer se trouve au cloître des Carmes de Jonzac (source Dictionnaire biographique des Charentais, notice établie par F. Julien-Labruyère).

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