Roullet Serge

Cinéaste (Bordeaux 1926 -  )

Frère de Yann Roullet, pasteur résistant mort en déportation il descend comme lui d'une vieille lignée charentaise qui tire ses origines d'un François Roullet (1625-1700), bourgeois de Sainte-Radegonde. Son fils, Paul (1690-1765), fondera une petite maison de négoce des eaux-de-vie à Jarnac que ses descendants développeront : notamment son fils, Paul-Frédéric (1731-1786), créera en 1782 la société Paul Roullet et fils aîné ; son petit-fils, Paul-Frédéric (1760-1838), acquerra le domaine viticole du Plantier du Goulet à Foussignac, y installera une distillerie et fondera la société toujours active de Roullet et compagnie, longtemps associée aux Delamain ; enfin son arrière-arrière-petit-fils, Paul-Frédéric (1842-1893), y fera construire le château du Brillac grâce aux faveurs de son oncle célibataire, Abel Guy, « l'oncle d'Amérique » des Roullet. C'est dans cette atmosphère qui relève typiquement du milieu du négoce des cognacs qu'est élevé Serge Roullet. Il est le fils de Guy Roullet (1884-1960) et de Madeleine Vieljeux (1896-1979), la fille de Léonce Vieljeux, la sœur donc de Pierre et de Christian, qui se sont partagé l'empire Delmas-Vieljeux, la compagnie de navigation pour Pierre et les chantiers navals pour Christian. Comme tradition familiale, La Rochelle vient ainsi se greffer au vignoble charentais. C'est si vrai que, lorsque Léonce Vieljeux devra quitter sa ville sous commandement allemand, il viendra se réfugier chez sa fille, au Brillac, et qu'il sera accompagné dans son dernier voyage vers les camps de la mort par son petit-fils, Yann Roullet, frère aîné de Serge. Ce dernier mène d'abord une vie de révolté à l'égard de sa famille, qui le conduira à un long et profond engagement politique dans les rangs communistes, au point de devenir une sorte de porte-parole de Georges Gosnat pour l'action de propagande parmi les dockers de La Pallice (violemment opposés à son oncle Christian, alors député de La Rochelle !). Il trouve enfin sa voie dans le cinéma : d'abord assistant du grand maître du documentaire Robert Flaherty, il devient celui de Robert Bresson. Il se lance alors dans le court-métrage documentaire dont on retiendra tout particulièrement Viennent les jours, tourné en 1958 et consacré à la vie rurale à Foussignac. Puis il réalise quelques longs métrages dont le plus célèbre reste Le Mur (1966), selon la nouvelle de Sartre, avec Michel del Castillo comme interprète. Toutefois, il poursuit également le négoce de Foussignac, d'abord en association avec la société Delamain, puis seul depuis 1984 sous l'étiquette Roullet et fils. Il a livré ses souvenirs dans Portrait images (Croît vif, 2001). En 2005, il sort un nouveau film dont la Charente viticole constitue l'environnement : Claudia disparue, film qu’il complète en 2007 pour en faire un véritable long-métrage sous le titre de Avoue que tu mens. Entièrement tourné sur les bords de la Charente, son intrigue retrace une mésentente familiale dans le milieu de la bourgeoisie locale (« Liaisons dangereuses au bord de la Charente », en dit la promotion). À l'occasion de la sortie de la première partie de ce film, l'Académie de Saintonge lui décerne son grand prix 2005 pour l'ensemble de son œuvre. (Notice établie par F. Julien-Labruyère pour le Dictionnaire biographique des Charentais.)

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