Danglade Michel

Peintre et écrivain (Libourne 1919 - Chassors 2011)

Il grandit dans un environnement artistique : son père, André (Libourne 1885 - Menton 1965) peint à l'huile des paysages lumineux et très bien structurés du bassin d'Arcachon, de Dordogne, de Charente, qu'il expose à Paris dans les années 1950-1960. Ses racines charentaises lui viennent du côté maternel : sa mère, Annie Laporte-Bisquit, est la petite-fille du sénateur Maurice Laporte-Bisquit et la fille d'Éva Haviland, cousine germaine de la mère de Chardonne (dont il donnera un portrait ambigu dans son roman Éva). La carrière de Michel Danglade se voit donc toute tracée : il entre dans la maison de négoce familial, alors la troisième sur le marché, et en devient vite le directeur général adjoint. En 1967, le groupe familial décide de vendre Bisquit à Paul Ricard (contrairement à l'avis de Michel Danglade...). Ayant passé les commandes à Charles Pasqua, alors directeur commercial de Ricard, Michel Danglade se retire et prend la direction de la société de distribution française du groupe Martell (« Vous ne resterez pas longtemps chez nous : vous êtes un monsieur, nous sommes des voyous », lui avait prédit Charles Pasqua !). Quelques années après, sous l'impulsion des « voyous », la marque Bisquit sombre. Peut-être le plus bel exemple, en tout cas exemple typique du transfert souvent raté et douloureux des marques de cognac d'une tradition familiale locale vers de grands groupes de spiritueux aux commandes lointaines et au style différent du paternalisme cognaçais. Cette véritable vocation du négoce des eaux-de-vie n'est nullement le seul souvenir que laisse Michel Danglade. En 1936, avant un grave accident de santé qui lui vaudra l'amputation d'un poumon, il est sélectionné pour les Jeux olympiques de Berlin dans l'équipe de France de hockey sur gazon. Puis, à côté de ses obligations professionnelles, et en particulier après sa retraite, il partage sa vie entre Chassors et l'île de Ré, se consacrant à la peinture et à l'écriture. Une palette réduite à trois bleus, un ocre et un brun, lui suffit pour transcrire remarquablement à l'aquarelle les charmes et la luminosité de la Saintonge intérieure ou maritime, des îles océanes, des rives paisibles du fleuve Charente, ainsi que du vignoble si bien discipliné. Selon l'humeur des saisons, le printemps et l'automne étant ses préférées, il sait aussi rendre la simple noblesse des blanches églises romanes saintongeaises coiffées de rose changeant sous le soleil. S'il compose quelques natures mortes, il s'adonne surtout à la peinture de marines dont la grande qualité lui ouvre les portes des salons de la Marine et de la fondation Rothschild à Paris. Il a également exposé à Londres, Glasgow, Chicago, Bahrein, Koweit ; reçu plusieurs prix et médailles en France et en Italie. Consécration : les musées de Libourne, Le Touquet, Saint-Martin-de-Ré, ainsi que le National Museum de Malte, ont acquis de ses œuvres. Danglade ne se contente pas de peindre. Ses Nouvelles des îles, Chronique des estuaires, Abécédaire des bateaux, recueils d'aquarelles accompagnées de textes poétiques, le font recevoir aux « Écrivains de la mer », société littéraire dépendant du musée de la Marine avant qu'il ne donne des romans pleins de fantaisie, La Commandante au long cours (Croît vif, 1998), La Fortune est sous le vent des îles (chez l'auteur, 2002) ou encore l'excellent Dans les bras d'un marin (Croît vif, 2008), son chef d'œuvre d'écriture et d'humour où il raconte « l'histoire véritable des hauts faits de Charentes » revisités grâce à l'histoire de ses ancêtres qui lui auraient révélé bien des secrets ; ainsi le siège de La Rochelle, le coup de Jarnac, le caviar de Talmont, la pêche à la morue et les petites Indiennes du Québec prennent les couleurs de la plus extrême fantaisie, donnant à l'identité charentaise qu'il considérait comme trop ennuyeuse à force de fausse érudition l'aura de légende et de rire qui lui manque. Chacun de ses livres est évidemment illustré de ses dessins ou aquarelles. On retiendra également les aquarelles et surtout les très beaux camaïeux qui ornent le livre d'Andreas Prindl, A Companion to Angoulême and the Angoumois (Croît vif, 2005 ; livre traduit en français sous le titre de Du haut des remparts d'Angoulême, publié chez le même éditeur en 2007). L'ensemble de son œuvre le fait devenir membre de l'Académie de Saintonge en 1993 (5e siège, en remplacement d'Henri Marchat). Dictionnaire biographique des Charentais (actualisé en mars 2011), notice établie par Pauline Reverchon et François Julien-Labruyère.

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